
Un beau jour – oui, c’était un beau jour – on m’a libéré sans crier gare. En haut lieu, on estimait que j’avais assez payé. Point final en plein milieu du chapitre. Voilà… valise, paperasses, une signature, et salut ! Je me suis retrouvé sortant d’une gare parisienne un peu comme un poisson qui aurait séjourné longtemps dans un bocal et qu’on rejetterait à la rivière. Une situation plutôt rare.
Tout était mou et étincelant. La liberté avait des centaines de visages éclairés au néon. Je ne m’attendais pas à cela. J’ai éteint ma cigarette à bout de course et, machinalement, j’ai mis le mégot dans ma poche.
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