Bien sûr, on pourra toujours accuser Van Sant de roublardise, de vouloir à la fois le beurre du commerce, l’argent du beurre de l’Art et le cul de la crémière critique. Mais ce serait oublier la grâce des séquences sentimentales, la beauté peu banale de Minnie Driver et l’originalité pudique des scènes de lit, filmées au plus près de la peau et des fluides. Surtout, ce serait ignorer que la roublardise, la sauvegarde malicieuse et métamorphique de ses intérêts vitaux est le sujet même de ce film. Qui pourrait être sous-titré De l’instinct de survie au sentiment de l’existence. Que Gus Van Sant soit parvenu à nous y faire entendre sa petite musique ne le rend que plus précieux. — Frédéric Bonnaud

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