C’est le dernier film de Michel Simon et un bon cru de Mocky. On y retrouve son excen­tricité iconoclaste, son goût de l’hybride. Les méfaits grotesques des personnages, bouffons crapuleux et victimes à la fois, se télescopent sur un rythme allègre. La présence de Michel Simon, ajoutée à l’univers poisseux et nocturne du canal Saint-Martin, laisse penser à une parodie de Drôle de drame. Parodie fertile, car imprégnée d’une poésie réaliste qui pervertit de l’intérieur les artifices de la « qualité française ». Bousculant la bonne morale, Mocky juxtapose joyeusement des comportements sinistres, révélateurs d’une société foncièrement hypocrite. Un monde de frustrations où les monstres sont regardés avec tendresse. Jean Le Poulain, Eve­lyne Buyle et les trois Michel — Galabru, Serrault et Simon — forment une épatante tribu de dégénérés. — Jacques Morice

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