
— Monsieur, je vous admire.
— Allons, ne dites pas de bêtises…
— Je vous admire, je vous envie et j’oserais même dire que je vous aime, si ce mot n’impliquait je ne sais quelle familiarité suspecte. Vous m’avez enseigné les beautés de la Loi en m’associant quelquefois, avec indulgence, à vos travaux. Merci, monsieur. En m’offrant le code pénal pour mon anniversaire, vous m’avez enrichi l’esprit. Oeuvre exaltante… on y fait la connaissance de l’Homme et de ses mille et une possibilités : assassinat, vol avec ou sans effraction, avec ou sans escalade, escroquerie, faillite frauduleuse, attaque à main armée, prosélytisme, prostitution, attentat à la pudeur, que sais-je… On y découvre le monde tel qu’il est. Quelle merveille…
D’où vient qu’on puisse s’accommoder si aisément du cabotinage éhonté d’un Paul Meurisse, d’une Micheline Luccioni ou d’un Noël Roquevert quand tant d’autres nous gonflent si fort quand ils vont moins loin dans le dérapage ? Peu importe… on a trouvé ici la énième confirmation d’un phénomène bien connu : certains navets, même flapis, peuvent grâce à des engins de cet acabit — et grâce à un Jeanson inégal mais parfois inspiré — se révéler plutôt acceptables, voire gouleyants.