Malcolm Zachary, ça lui plaisait d’être un agent du FBI. Cela conférait à tous ses actes un élément de tension tout à fait fascinant. Quand il descendait d’une voiture et qu’il claquait la porte, il ne le faisait pas comme n’importe qui, il le faisait comme un agent du FBI : un pas, un quart de tour, une poussée sur la portière, et bing, tous les gestes enchaînés, les muscles souples, solide et déterminé, gracieux tout en restant viril. Malcolm Zachary buvait son café comme un agent du FBI, il écoutait en silence comme un agent du FBI. C’était fantastique, cela lui donnait une conscience enivrante de sa propre existence, analogue au plaisir qu’on a à surprendre sa propre image sur un écran de télévision en circuit fermé, dans une vitrine de magasin.

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Un Dortmunder du haut du panier, sans baisse de rythme, dans lequel Westlake réussit à faire évoluer autour de son héros toute une galerie de personnages stéréotypés dont il tire toute la substantifique moelle comique. — Yan

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