C’était l’hiver en plein, et pas celui des publicités de Noël. L’authentique, celui qui crevasse la peau et dont le vent sec vous tire d’étonnantes larmes des yeux asséchés. Je n’aime pas cette saison, la lumière jadis éclatante fait place à une pâle lueur, diffuse, qui affaiblit le monde.
L’hiver est le temps des morts.

C’est par le dessin, des improvisations purement atmos­phériques souvent, une sorte d’intuition poétique de l’instant, que la noirceur s’impose, sans complaisance, comme coulant de source, donnant forme et sens au chaos intérieur d’un homme petit à petit asphyxié par le ­dégoût de lui-même. C’est un chef-d’œuvre littéralement hanté par le plus incon­fortable des héros qui, au quatrième et ultime tome, se clôt de magistrale façon. — Jean-Claude Loiseau

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