La comédie romantique et musicale se renverse et révèle le véritable ferment de son énergie sautillante : un indécrottable sentiment de mélancolie. La mélancolie des rêves qui s’envolent, d’une impossible fidélité à soi-même, d’une coexistence illusoire entre la pureté de ses intentions et le besoin de gagner sa vie. C’est à cause de ce bourdon lancinant, de cette dépression latente, qu’il faut chanter et danser toujours plus fort. Ainsi, La La Land se révèle moins une comédie musicale qu’une réflexion sur le spectacle hollywoodien et ce qu’il nous cache : cette joie qu’il débite au kilomètre repose en fait sur le désarroi de hordes d’artistes inconnus, cœurs tendres et rêveurs sincères, qui se retrouvent inlassablement broyés entre les rouages insensibles de ses machineries enchantées. — Mathieu Macheret

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