
Je me baladais dans les studios de la Fox et j’ai vu passer un jeune homme. Je l’ai appelé et je lui ai dit : “— Vous faites quoi ici ?” Il a dit : “— Je suis aux accessoires.” “— Vous vous appelez comment ?” “— Morrison.” Je lui ai demandé : “— Vous avez déjà joué la comédie ?” Il a répondu : “— Non.” J’ai dit : “Laissez-vous pousser les cheveux et demandez aux costumes une tenue d’éclaireur.” — Raoul Walsh
Les Etats-Unis entrent en guerre en 1941 et les stars d’Hollywood s’engagent, comme James Stewart ou Clark Gable, pour défendre leur patrie en danger. Tous sauf John Wayne, qui tergiverse et se trouve surtout très occupé en l’absence de ses congénères puisqu’il tourne treize films pendant ce temps-là. Il le regrette amèrement après-guerre. John Ford, toujours, qui a filmé le conflit de près, l’humilie sur les tournages en évoquant sa couardise. La blessure est profonde et pris de remords Wayne devient un “super patriote” à tel point qu’il devient le militaire par excellence, plus exactement le soldat américain par excellence (…) La star combat sans relâche à l’écran et participe pleinement à éliminer les supposés communistes du sol américain en devenant président de « l’Alliance cinématographie pour la préservation de l’idéal américain », il dénonce et incite à dénoncer, sa guerre est déclarée (…) John Wayne, c’est l’histoire d’une star d’Hollywood qui n’a jamais réussi à sortir d’une guerre qu’il n’a pourtant jamais faite. — Anaïs Kien