
“PISCINE DELIGNY, 1955. La haute couture est hors de prix, mais cette parure-là est à la portée de tous les budgets. Il s’agit du bronzage qui n’exige qu’un certain don pour la paresse et l’immobilisme. A quelques encablures de la Chambre des députés et du ministère des Affaires étrangères, au bord de la Seine, avec vue sur la verrière du Grand Palais où se tient chaque année le salon des Arts ménagers, cette caverne d’Ali Baba du confort moderne, les jolies filles viennent préparer leur été. Le soleil ne leur fait pas peur. Les médecins le recommandent. Il est bon pour tout : il affine le grain de peau et lutte contre la tuberculose. On s’y adonne comme on faisait autrefois une cure thermale. Une cure contre les mauvais souvenirs aussi : ceux d’une enfance pendant la guerre. L’Amérique fait souffler le vent de la Libération et du progrès, mais la recette du bonheur reste française : à Paris, elle prépare Saint-Tropez. La terrasse de Sénéquier n’est qu’à douze heures d’Aronde ou de Dauphine”. Paris-Match, 21 mai 1955.
Merci Josie.