
[Fanon a découvert] la réalité terrible : la violence, mais la violence subie, et la violence subie à un point où l’individu disparaît progressivement, comme si on tranchait de son corps des lambeaux de peau et de chair. Le colonialisme assèche, il assèche l’individu, il l’assèche du dedans comme du dehors, [l’individu] devient un muscle, un muscle qui travaille et a besoin tout simplement d’un bol de nourriture pour se reproduire… et j’ai pensé à mon père, je me suis dit c’est lui le muscle. Mon père, c’était un muscle. Benamar Médiène, écrivain, ancien membre du FLN.