Tourné en couleurs, en 1961, en pleine Nouvelle Vague, ce film de prestige est fidèle à la « tradition de la qualité » des années 50 et au réalisme psychologique selon Delannoy. C’est aussi ennuyeux, aussi académique que La Symphonie pastorale (1946), dont il n’y a plus aujourd’hui à sauver que l’interprétation de Michèle Morgan, comme, ici, celle de Marina Vlady. Jacques Siclier

En contemplant le somptueux spectacle conçu par Jean Delannoy, je rêvais à une Princesse de Clèves traitée en noir et blanc et sur écran normal, réduite à l’essentiel, c’est-à-dire aux personnages et à leurs sentiments, débarrassée de ces ornements excessifs, de ce luxe inutile, bref rendue à sa pureté première. On a cent fois écrit que La Princesse de Clèves avait la simplicité des tragédies classiques. Il m’a semblé qu’au milieu des bals, des joutes, des fêtes qu’on nous offrait, la tragédie en question perdait beaucoup de sa rigueur et de son pouvoir d’envoûtement. Les auteurs se sont donné infiniment de mal pour faire “revivre” une époque. Connaissant les servitudes cinématographiques, nous ne pouvons leur reprocher ce parti pris. Mais un film plus stylisé nous aurait certainement permis de mieux entendre battre le cœur de Mme de Clèves. Jean de Baroncelli

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