
Un retentissant scandale qui va mettre au jour l’existence d’un centre de détention clandestin sur les quais de la cité phocéenne dont le documentaire d’Olivier Bertrand retrace l’histoire à l’aide d’archives inédites comme les « notes blanches » et les rapports de l’ancien commissaire du port de Marseille. A partir de 1963 et pendant une douzaine d’années, c’est dans cet entrepôt désaffecté, connu des plus hautes autorités, que vont passer près de 30 000 étrangers refoulés en attente de reconduite. Et ce en toute illégalité. Le hangar accueille d’abord les ressortissants algériens recalés lors du contrôle médical instauré à leur arrivée en France, puis, dans les années qui suivent, les travailleurs immigrés ayant perdu leur emploi, les « oisifs » comme on les appelle, priés de rentrer chez eux. Et parfois ailleurs. C’est la mésaventure racontée ici par un Algérien de Tlemcen passé par le hangar clandestin avant d’être reconduit dans un avion pour… Casablanca. Son tort : avoir participé à une grève pour demander davantage de droits. Vincent Monnier