Tous les ingrédients du western classique sont là. Mais Arthur Penn décline ces figures de répertoire à sa façon : disséminées, les scènes s’étirent sur un tempo ralenti ; les plans rapprochés prolifèrent, campant les personnages grâce aux dialogues, voire aux pesants silences ; l’action fuse par instants, rare et violente. Le vieil Ouest se meurt et Penn contribue à son enterrement, avec sa vision décapante, non dépouvue d’humour. Tous les mythes fondateurs vacillent et, sortis de leurs oripeaux, les « héros » s’humanisent. Film des petits espaces, Missouri Breaks se savoure moderato. En pleine possession de son art, le réalisateur de Little Big Man fascine aussi bien par son utilisation des couleurs (un bain de jaunes) que par les numéros contrastés de ses deux monstres, Brando dans un numéro parodique, Nicholson tout en retenue. Le résultat est exceptionnel. — François Ramasse*

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