Un doc qui fait du glam rock le chaînon manquant entre mouvement hippie et vague punk, ça peut faire grincer quelques dents, mais le mec et sa trajectoire sont foutrement intéressants. Dans la Grande-Bretagne du début des sixties, un jeune prolo pouvait toucher une bourse décrite comme généreuse pour aller étudier à fond Marcel Duchamp ou Roy Lichtenstein — ce qui a largement contribué à l’effervescence artistique desdites sixties, ce que le film a le bon goût de souligner. Parti des coins de Newcastle, le Bryan a pu tracer un sillon durable (on atteint le demi-siècle tout de même) le long duquel il aura épaté David Bowie, fédéré Eno, Manzanera et Mackay, mené de front deux carrières — Roxy + Ferry, tubes + reprises, pop + jazz — et sorti jusqu’à la fin (Avalon et Heart Still Beating) une rafale d’albums parfois novateurs et toujours élégants (sauf en ce qui concerne certaines pochettes du groupe, dont on n’a jamais compris pourquoi elles suscitaient tant d’extase chez d’aucuns, mais cette phrase est déjà suffisamment longue).

Leave a comment