Une balustrade noire partageait la pièce en deux. Du côté réservé au public, il n’y avait qu’un banc sans dossier, peint en noir lui aussi, contre le mur blanchi à la chaux et couvert d’affiches administratives. De l’autre côté, il y avait des pupitres, des encriers, des casiers remplis de registres énormes, noirs encore, de sorte que tout était noir et blanc. Il y avait surtout, debout sur une plaque de tôle, un poêle en fonte comme on n’en voit plus aujourd’hui que dans des gares de petites villes, avec son tuyau qui montait d’abord vers le plafond, puis se coudait, traversant tout l’espace avant d’aller se perdre dans le mur.

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Si [Simenon] participe de la littérature des petites gens, il est par contre sans complaisance pour le pittoresque du médiocre. D’où le rapprochement — osé, peut-on croire au premier abord — entre Céline et Simenon qui, tous deux, font montre de la même capacité à s’emparer d’un personnage très ordinaire, à le porter à l’extrême de lui-même, à l’entraîner dans la déréliction. Céline y procède par une hystérisation dans l’outrance, Simenon, au contraire, par une manière de dépouillement, conforme à son idéal fantasmatique de la mise à nu.Jacques Dubois et Benoît Denis

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