Je dois mon bonheur au fait de n’avoir jamais connu de maître et de ne pas craindre l’infortune. — Jacques de Seingalt

Voici l’itinéraire d’un enfant du second XXe siècle. En 1952, l’auteur, adolescent, part sans son baccalauréat pour l’Algérie française. Il va découvrir le monde mais aussi l’injustice coloniale. D’abord exploration, le voyage deviendra progressivement politisation. Sans se soucier des analyses théoriques qui font les joies du Quartier latin, à Paris, il rencontre les dirigeants et juge de visu les hommes, les méthodes et les organisations. S’interroger en 1964 sur le caractère socialiste de l’Algérie indépendante, c’est briser l’image sacralisée d’un modèle de développement. Douter en 1970 de la capacité organisationnelle de la résistance palestinienne, c’est avoir raison trop tôt. Ecrire dans Partisans, revue-phare du tiers-mondisme, que les guérillas sud-américaines échoueront par machisme et défaut d’implantation paysanne, c’est se heurter au mythe guévariste. Sa thèse de doctorat sur «les mythes révolutionnaires du tiers-monde» est refusée par les éditeurs français et sera publiée d’abord aux Etats-Unis, où on reconnaît la valeur de ses travaux et lui propose d’enseigner dans des universités prestigieuses. Il en garde une affection critique pour la civilisation américaine. La France, qui l’a adopté comme enfant de réfugié arménien, mettra beaucoup plus de temps. A 75 ans, Chaliand, toujours aussi vaillant et aussi frugal, réinvestit encore ses droits d’auteur dans ses voyages. — Pierre Conesa, 2011.

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