« Les espions sont des personnages tristes », expliquait John le Carré dans un entretien, dès 1969. Des personnages « traqués, fatigués, déçus », qui « ont pris sur eux la responsabilité d’essayer de changer le monde. Et n’y sont pas parvenus ». L’auteur futur de La Taupe (1974), de Gens de Smiley (1979), encore presque un jeune homme lorsqu’il prononçait ces mots — il est né en 1931 —, se doutait certainement déjà qu’au long registre des peines encourues par l’agent simple ou double, au désenchantement, à la lassitude, à la frustration, il conviendrait un jour d’ajouter une autre affliction, la plus accablante de toutes : le doute, la culpabilité, le relent du péché, plus ou moins assumé, plus ou moins refoulé. Les espions sont des personnages tristes et hantés. Sur les bas-côtés de la route qu’ils ont suivie, tracée à grands coups de duplicité, de cynisme, de scrupules et d’états d’âme promptement étouffés, gisent trop de victimes, trop de cadavres, trop de vies viciées, spoliées, brisées. — Télérama

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